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Accident de service dans la fonction publique : reconnaissance et indemnisation

Vous avez été victime d'un accident sur votre lieu de travail, pendant une mission ou sur le trajet domicile-travail ? Vous avez droit à une prise en charge spécifique, différente d'un simple arrêt maladie. Ce guide vous explique comment faire reconnaître votre accident de service, quels sont vos droits financiers et médicaux, et comment réagir si votre administration refuse de vous protéger.

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Qu'est-ce qu'un accident de service ?

Un accident de service, c'est un événement soudain qui vous cause une blessure ou un problème de santé, et qui survient dans le cadre de votre travail. La loi distingue trois situations (art. L. 822-18 à L. 822-21 CGFP).

L'accident sur le lieu de travail

Tout accident survenu dans le temps et le lieu du service est présumé imputable au service, quelle qu'en soit la cause (art. L. 822-18 CGFP). Concrètement, c'est à votre administration de prouver que l'accident n'a rien à voir avec le travail — pas à vous de prouver le contraire. Cette présomption, introduite par l'ordonnance du 19 janvier 2017, est une avancée majeure pour les agents.

Exemples reconnus par la jurisprudence : une chute dans le réfectoire pendant la pause déjeuner (CE, 31 mars 2014, n° 368898), une blessure sur le parking du lieu de travail (CE, 9 février 2005, n° 263312), un malaise pendant une activité syndicale en décharge (CAA Nantes, 20 avril 2021, n° 19NT03591), ou même une tentative de suicide sur le lieu de travail (CE, 16 juillet 2014, n° 361820).

L'accident de trajet

Il s'agit de l'accident survenu sur votre parcours habituel entre votre domicile (ou lieu de restauration) et votre lieu de travail (art. L. 822-19 CGFP). Contrairement à l'accident sur le lieu de travail, il n'y a pas de présomption d'imputabilité : c'est à vous d'apporter la preuve que l'accident est survenu sur le trajet habituel, sans détour personnel. En revanche, un écart involontaire (se tromper de train, par exemple) ne rompt pas le lien avec le service (CE, 29 janvier 2010, n° 314148, Oculi).

La maladie professionnelle

Même si ce n'est pas un « accident » à proprement parler, les maladies contractées dans l'exercice des fonctions suivent des règles similaires (art. L. 822-20 CGFP).

Attention

Un accident survenu lors d'une activité extérieure (cross sportif, sortie associative…) n'est pas automatiquement un accident de service, même si vous aviez un ordre de mission. Le juge vérifie si l'activité constitue un réel prolongement du service (CE, 14 mai 2008, n° 293899, Pajot).

À noter

La présomption d'imputabilité s'applique aussi aux accidents psychiques. Un syndrome d'épuisement professionnel ou un état dépressif développé au travail peut être reconnu comme accident de service si un événement soudain est identifiable.

Présomption d'imputabilité selon la situation

SituationPrésomption en votre faveur ?Charge de la preuve
Accident sur le lieu et dans le temps du serviceOuiL'administration doit prouver une cause étrangère
Accident de trajet (parcours habituel)Non (charge sur l'agent)Vous devez prouver que l'accident est survenu sur le parcours habituel (art. L. 822-19 CGFP)
Accident pendant un détour personnelNonVous devez prouver le lien avec le service
Maladie figurant aux tableaux professionnelsOuiL'administration doit prouver l'absence de lien
Maladie hors tableauNonVous devez prouver un lien direct et essentiel

Art. L. 822-18 à L. 822-21 CGFP

Comment faire reconnaître votre accident de service ?

La reconnaissance de votre accident de service passe par une procédure administrative qu'il faut respecter scrupuleusement. Un dossier mal monté ou un délai dépassé peut vous coûter vos droits.

Étape 1 : Déclarer l'accident immédiatement

Prévenez votre supérieur hiérarchique le jour même ou dans les 48 heures au plus tard. Faites-le par écrit (mail, courrier) pour garder une preuve. Précisez les circonstances exactes : date, heure, lieu, description des faits, témoins éventuels.

Étape 2 : Faire constater les lésions

Consultez un médecin dans les meilleurs délais pour obtenir un certificat médical initial (CMI) qui décrit précisément vos blessures ou symptômes. Ce document est la pierre angulaire de votre dossier.

Étape 3 : Déposer une demande de CITIS

Vous devez adresser à votre administration une demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS). C'est le dispositif créé par l'ordonnance du 19 janvier 2017 et précisé par les décrets de 2019 (D. n° 2019-122 du 21 février 2019 pour la FPE ; D. n° 2019-301 du 10 avril 2019 pour la FPT ; D. n° 2020-566 du 13 mai 2020 pour la FPH).

Votre demande doit comprendre :

  • Une déclaration d'accident de service
  • Le certificat médical initial
  • Tout élément utile (témoignages, photos, rapport d'incident…)

Étape 4 : L'instruction par l'administration

Votre employeur dispose d'un délai pour instruire votre demande. Il peut, si nécessaire, saisir le conseil médical (ex-commission de réforme) pour avis (art. L. 821-1 CGFP). L'administration doit vous informer de votre droit à demander la communication des pièces de votre dossier au moins 8 jours avant la réunion du conseil médical. Vous pouvez vous y faire entendre et vous faire accompagner par la personne de votre choix (CE, 18 décembre 2013, n° 362514, Signouret).

Attention

Si votre administration crée une « commission interne » parallèle pour évaluer votre dossier, c'est illégal. Seul le conseil médical (ex-commission de réforme) réglementaire peut rendre un avis (CE, 18 juin 2014, n° 369377).

Conseil de votre avocat

Ne négligez jamais la constitution de votre dossier. Rassemblez dès le premier jour tous les éléments de preuve : témoignages écrits de collègues, photos du lieu de l'accident, copie de votre planning, mails de contexte. Plus votre dossier est solide en amont, plus il sera difficile pour l'administration de contester l'imputabilité.

Quels sont vos droits financiers pendant l'arrêt ?

La reconnaissance de l'imputabilité au service change radicalement votre situation financière par rapport à un simple congé maladie ordinaire.

Le CITIS : maintien intégral du traitement

Pendant toute la durée du CITIS, vous conservez (art. L. 822-22 CGFP) :

L'intégralité de votre traitement indiciaire (pas de passage à demi-traitement)

L'indemnité de résidence

Le supplément familial de traitement

Ce congé dure jusqu'à votre guérison ou votre mise à la retraite. Il n'y a pas de limite de durée, contrairement au congé maladie ordinaire.

Le remboursement des frais médicaux

L'administration doit vous rembourser tous les honoraires médicaux et frais directement entraînés par votre accident (art. L. 822-24 CGFP) : consultations, opérations, rééducation, appareillage, transport médical, etc.

Comparaison avec le congé maladie ordinaire

CITIS vs congé maladie ordinaire

Congé maladie ordinaireCITIS (accident de service)
Traitement les 3 premiers moisPlein traitementPlein traitement
Traitement de 3 à 12 moisDemi-traitementPlein traitement
Au-delà de 12 moisDépend du type de congé (CLM/CLD)Plein traitement maintenu
Frais médicauxÀ votre charge (mutuelle)Remboursés par l'administration
Durée maximale12 mois (CMO), 3 ans (CLM), 8 ans (CLD)Pas de limite
Jour de carenceOuiNon

Art. L. 822-22 CGFP

Attention

Certaines primes liées à l'exercice effectif des fonctions (heures supplémentaires, prime de rendement…) peuvent être supprimées pendant votre arrêt. Le principe du maintien des indemnités forfaitaires de sujétions a été posé par la jurisprudence (CE, 26 mai 1995, n° 140301, Meyer). Toutefois, depuis le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 (art. 10), les indemnités rétribuant des sujétions particulières cessent d'être versées lorsque l'agent est effectivement remplacé dans ses fonctions. La règle Meyer reste donc applicable en congé maladie ordinaire, mais son application au CITIS doit être nuancée au cas par cas.

À noter

Si vous êtes en congé de longue maladie (CLM) ou congé de longue durée (CLD) pour une pathologie liée à votre accident de service, les règles de maintien du traitement varient selon votre versant de la fonction publique. Dans la FPH, le plein traitement est maintenu pendant 3 ans en CLM. Dans la FPE, le CLM donne droit à 1 an de plein traitement puis 2 ans de demi-traitement, même lorsque la pathologie est imputable au service. Pour le CLD, le plein traitement est maintenu pendant 5 ans. Dans tous les cas, l'administration doit d'abord chercher à vous reclasser avant d'envisager une mise à la retraite (CE, sect., 18 décembre 2015, n° 374194).

L'indemnisation de vos préjudices personnels

Au-delà du maintien de votre traitement, vous pouvez obtenir une indemnisation complémentaire pour vos préjudices personnels. C'est un droit souvent méconnu des agents.

Sans faute de l'administration (jurisprudence Moya-Caville)

Depuis l'arrêt fondateur du Conseil d'État (CE, ass., 4 juillet 2003, n° 211106, Moya-Caville), même si votre administration n'a commis aucune faute, vous pouvez obtenir une indemnité complémentaire pour :

Les souffrances physiques et morales endurées

Le préjudice esthétique (cicatrices, déformations…)

Le préjudice d'agrément (impossibilité de pratiquer un sport, un loisir…)

La jurisprudence postérieure a également consacré l'indemnisation des troubles dans les conditions d'existence liés à un accident de service.

Ces chefs de préjudice sont distincts de l'atteinte à l'intégrité physique couverte par le régime forfaitaire (CE, 15 juillet 2004, n° 224276, Duval-Costa).

En cas de faute de l'administration

Si votre accident résulte d'une faute de votre employeur (défaut d'entretien des locaux, manquement aux règles de sécurité, matériel défectueux…), vous pouvez engager une action de droit commun pour obtenir la réparation intégrale de tous vos préjudices, y compris les pertes de revenus et l'incidence professionnelle (CE, ass., 4 juillet 2003, Moya-Caville).

L'allocation temporaire d'invalidité (ATI)

Si votre accident vous laisse une incapacité permanente d'au moins 10 %, vous pouvez prétendre à une allocation temporaire d'invalidité (art. L. 824-1 CGFP). Cette allocation est cumulable avec votre traitement si vous reprenez vos fonctions. Elle est versée par la Caisse des dépôts et consignations pour la FPT et la FPH.

Attention

Le taux de 10 % s'apprécie en déduisant l'éventuel état antérieur. Si votre IPP totale est de 10 % mais qu'un état antérieur explique 5 %, le taux imputable à l'accident sera jugé inférieur à 10 % et l'ATI ne sera pas due (CAA Nancy, 7 avril 2005, n° 01NC00016).

Conseil de votre avocat

Ne vous contentez pas du régime forfaitaire. Trop d'agents ignorent qu'ils peuvent obtenir une indemnisation complémentaire, même sans faute de l'administration. Un avocat peut vous aider à chiffrer correctement vos préjudices et à engager une demande indemnitaire préalable auprès de votre employeur.

Que faire si l'administration refuse la reconnaissance ?

Le refus de reconnaissance d'imputabilité au service est malheureusement fréquent. Voici comment réagir.

Le recours administratif

Vous pouvez d'abord contester la décision par un recours gracieux auprès de l'autorité qui a pris la décision, ou un recours hiérarchique auprès de l'autorité supérieure. Ce recours doit être formé dans les 2 mois suivant la notification de la décision de refus. Il prolonge le délai de recours contentieux.

Le recours contentieux

Si le recours administratif échoue, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans un délai de 2 mois. Le juge exercera un contrôle approfondi sur la décision de refus. Les motifs d'annulation les plus fréquents sont :

Vice de procédure : absence de saisine du conseil médical, non-respect du contradictoire, commission de réforme irrégulièrement composée (CAA Lyon, 9 mai 2006, n° 01LY01986)

Erreur d'appréciation : l'administration n'a pas tenu compte de la présomption d'imputabilité ou a retenu à tort une cause étrangère au service

Erreur de droit : application d'un mauvais texte ou d'un critère erroné

La procédure de référé

En cas d'urgence (si vous êtes placé à demi-traitement alors que vous revendiquez un accident de service, par exemple), vous pouvez saisir le juge des référés pour obtenir une mesure provisoire rapide.

Conseil de votre avocat

Ne laissez jamais passer le délai de 2 mois sans réagir. Un refus de reconnaissance non contesté dans les délais devient définitif. En cas de doute, un simple courrier recommandé de recours gracieux suffit à interrompre le délai.

Et si vous êtes contractuel ?

Les agents contractuels de la fonction publique bénéficient de règles de protection sociale semblables à celles des fonctionnaires en matière d'accident de service (art. L. 829-1 CGFP). Toutefois, le régime applicable diffère sur plusieurs points car les contractuels relèvent du régime général de la sécurité sociale pour l'assurance maladie.

En pratique, si vous êtes contractuel et victime d'un accident de travail :

  • Votre accident est déclaré auprès de la CPAM (et non de l'administration seule)
  • Vous bénéficiez des indemnités journalières du régime général
  • Votre administration doit compléter ces indemnités pour maintenir votre rémunération selon les règles de votre contrat
  • Vous pouvez également demander une indemnisation complémentaire pour vos préjudices personnels, dans les mêmes conditions que les fonctionnaires titulaires
À noter

Les contractuels en CDI ou CDD sont aussi protégés. Le fait de ne pas être titulaire ne vous prive en rien de vos droits fondamentaux en matière d'accident lié au travail.

Nos tarifs

PrestationForfait indicatif TTC
Consultation initiale (analyse de votre situation)Premier rendez-vous offert
Accompagnement à la déclaration et constitution du dossierÀ partir de 600 €
Recours gracieux ou hiérarchique contre un refus de reconnaissanceÀ partir de 800 €
Recours contentieux devant le tribunal administratifÀ partir de 1 500 €
Demande d'indemnisation complémentaire (préjudices personnels)À partir de 1 200 €
Référé (mesure d'urgence)À partir de 1 000 €

Tarifs indicatifs, négociables. Paiement échelonné possible. Prise en charge possible par la protection fonctionnelle ou l'aide juridictionnelle.

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour déclarer un accident de service ?

Il est vivement recommandé de déclarer votre accident dans les 48 heures. Même s'il n'existe pas de délai légal absolu pour la déclaration, plus vous attendez, plus il sera difficile de prouver les circonstances exactes et le lien avec le service. Faites-le par écrit (mail ou courrier recommandé) pour conserver une trace.

Mon accident de trajet peut-il être reconnu si j'ai fait un détour ?

Cela dépend du motif du détour. Un détour pour les nécessités de la vie courante (déposer un enfant à l'école, acheter du pain) est généralement couvert. En revanche, un détour purement personnel et important peut rompre le lien avec le service. La jurisprudence analyse au cas par cas.

Est-ce que je perds des droits à la retraite pendant un CITIS ?

Non. Le CITIS est assimilé à une période d'activité à temps complet pour le calcul de vos droits à la retraite. Vous ne perdez rien.

Un burn-out peut-il être reconnu comme accident de service ?

Pas en tant que tel, car le burn-out est un processus progressif et non un événement soudain. Cependant, si un épisode aigu identifiable (malaise, crise d'angoisse…) survient sur le lieu de travail, il peut être qualifié d'accident de service. Un syndrome dépressif chronique peut également être reconnu comme maladie professionnelle sous certaines conditions.

Que se passe-t-il si je suis contractuel et que j'ai un accident au travail ?

Vous relevez du régime général de la sécurité sociale pour la prise en charge médicale, mais votre employeur public reste tenu de compléter vos indemnités et de vous garantir des droits similaires à ceux des fonctionnaires titulaires (art. L. 829-1 CGFP).

Puis-je être licencié ou muté d'office après un accident de service ?

Non, votre administration ne peut pas vous sanctionner pour avoir déclaré un accident de service. Si vous êtes reconnu inapte à reprendre vos fonctions après consolidation, l'administration doit d'abord chercher à adapter votre poste, puis vous proposer un reclassement (CE, 18 décembre 2015, n° 374194). Ce n'est qu'en l'absence de toute solution que la mise à la retraite pour invalidité peut être envisagée.

Quel est le coût d'un avocat pour contester un refus de reconnaissance ?

Le premier rendez-vous est offert au cabinet. Un recours contentieux devant le tribunal administratif démarre à partir de 1 500 € TTC. L'aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie de ces frais si vos revenus sont modestes, et le paiement échelonné est toujours possible.

Combien de temps dure la procédure devant le tribunal administratif ?

Comptez en moyenne entre 12 et 24 mois pour un jugement au fond devant le tribunal administratif. En cas d'urgence (perte de traitement, situation précaire), un référé permet d'obtenir une décision provisoire en quelques semaines.

Sources juridiques

  • Art. L. 821-1 CGFP — Conseil médical
  • Art. L. 822-18 à L. 822-25 CGFP — Accidents de service et maladies professionnelles
  • Art. L. 822-21 CGFP — Congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS)
  • Art. L. 822-22 CGFP — Maintien du traitement pendant le CITIS
  • Art. L. 824-1 CGFP — Allocation temporaire d'invalidité (ATI)
  • Art. L. 829-1 CGFP — Protection sociale des agents contractuels
  • Ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 — Présomption d'imputabilité au service
  • Décret n° 2019-122 du 21 février 2019 — CITIS dans la fonction publique de l'État
  • Décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 — CITIS dans la fonction publique territoriale
  • Décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 — CITIS dans la fonction publique hospitalière
  • CE, ass., 4 juillet 2003, n° 211106, Moya-Caville — Indemnisation complémentaire sans faute
  • CE, 26 mai 1995, n° 140301, Meyer — Maintien des indemnités forfaitaires de sujétions
  • CE, 15 juin 2012, n° 348258, Bouzigon — Présomption d'imputabilité
  • CE, 31 mars 2014, n° 368898 — Accident au réfectoire
  • CE, sect., 18 décembre 2015, n° 374194 — Maintien du traitement et reclassement
  • CE, 16 juillet 2014, n° 361820 — Tentative de suicide sur le lieu de travail

Glossaire

Accident de service

Événement soudain survenu dans le temps et le lieu du service, ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, causant une lésion corporelle ou psychique à un agent public.

CITIS

Congé pour invalidité temporaire imputable au service. Dispositif permettant à l'agent victime d'un accident de service de conserver l'intégralité de son traitement pendant toute la durée de son arrêt.

Imputabilité au service

Lien juridique reconnu entre un accident (ou une maladie) et l'exercice des fonctions. C'est la condition indispensable pour bénéficier du régime protecteur de l'accident de service.

Présomption d'imputabilité

Mécanisme juridique qui fait peser la charge de la preuve sur l'administration. Si l'accident est survenu sur le lieu et dans le temps du service, il est présumé imputable au service sauf preuve contraire.

Conseil médical

Instance médicale consultative (anciennement commission de réforme et comité médical) qui rend un avis sur l'imputabilité au service, l'aptitude ou l'inaptitude de l'agent.

ATI (allocation temporaire d'invalidité)

Prestation financière versée au fonctionnaire atteint d'une incapacité permanente d'au moins 10 % résultant d'un accident de service. Elle est cumulable avec le traitement.

Consolidation

Moment où les lésions se stabilisent et ne sont plus susceptibles d'évolution. C'est à cette date que sont évalués le taux d'incapacité permanente et les préjudices indemnisables.

Forfait de pension

Principe selon lequel la pension d'invalidité ou l'ATI couvre forfaitairement l'atteinte à l'intégrité physique. Les préjudices personnels (souffrances, agrément…) peuvent être indemnisés en plus.

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Maître Yoann Lerouge

Avocat au Barreau de Paris — Droit de la fonction publique

Dernière mise à jour : 3 avril 2026

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